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Accélérer le développement de l’irrigation au Sénégal

L’agriculture sénégalaise reste vulnérable aux aléas climatiques et limitée par une pluviométrie insuffisante. D’où l’impérieuse nécessité d’un développement accéléré de l’irrigation.

Sur un potentiel irrigable de près de 350 000 ha hors bas-fonds et mangrove, seuls 130 000[1] ha sont estimés irrigués à date. Au rythme actuel, il faudrait plusieurs décennies pour maximiser le potentiel irrigable. D’où l’urgence d’accélérer la cadence. Fort de notre implantation au Sénégal et de notre expérience au Maroc où nous avons équipé près de 170 000 ha en irrigation, CMGP propose des pistes de réflexion pour une telle accélération.

Structuration du secteur de l’irrigation

L’irrigation demande une réelle expertise afin de bien concevoir et dimensionner le réseau et d’assurer la fourniture du bon matériel en adéquation avec la durée de vie de l’investissement. Au Sénégal, au vu des ressources limitées et du besoin réel d’assistance technique des exploitants agricoles, il serait opportun pour tous les acteurs du secteur de créer une association. A l’image de l’AMIAG[2] au Maroc, elle permettrait de coordonner des efforts de formation, d’organiser une labélisation des diverses expertises et matériaux, d’accélérer la formalisation du secteur et serait l’interlocuteur privilégié du gouvernement pour organiser le secteur. Pour sa part, CMGP se propose de participer activement à la création d’une telle association comme nous l’avons fait au Maroc.

Des mécanismes de financement appropriés

Un réseau d’irrigation est un actif matériel durable et s’amortit sur plusieurs années grâce à des économies d’eau, de meilleurs rendements voire une extension de la période de campagne au-delà de la pluviométrie saisonnière. Un tel financement est difficilement supportable par la trésorerie d’un exploitant agricole d’où la nécessité de mécanismes spécifiques. Au Maroc, à travers le Plan Maroc Vert, le gouvernement subventionne de telles installations, approuvées par l’administration au préalable, ce qui a triplé en une décennie à peine les surfaces irriguées. Le Sénégal pourrait capitaliser sur ses dispositifs existants tels que les divers programmes agricoles, institutions de financement et fonds de garanti pour créer un mécanisme unifié et simplifié du financement de l’irrigation. Cela faciliterait les démarches pour les exploitants et accélèrerait la cadence.

Adapter l’irrigation aux spécificités locales

Le Sénégal doit également tenir compte de ses spécificités pour maximiser l’impact. Par exemple la présence de compagnies sucrières qui utilisent le pivot ou la riziculture qui demande des aménagements hydroagricoles différents. Ceci requiert une approche plus locale et plus de proximité avec les agriculteurs. Ainsi notre implantation au Sénégal nous permet d’apporter encore plus de valeur sur le terrain par rapport à des bureaux d’études basés à l’étranger. Une telle proximité permet également de développer un écosystème local de distributeurs, d’installateurs et ainsi créer des emplois dans les zones rurales et bassins agricoles où il y a un cruel besoin. Une telle approche pourrait être coordonnée par l’association du secteur en partenariat avec le gouvernement.

Le Sénégal pourrait être à l’aube de sa décennie dorée pour l’irrigation comme le Maroc l’a connu récemment. Il suffit de s’en donner les moyens. CMGP en tout cas s’y appliquera au quotidien comme il l’a fait au Maroc.

Auteur : Christian Nouboue, Directeur Développement Afrique CMGP Group

Voir l'article sur le lien  : www.afrique-agriculure.org  

 

[1] Source : PRACAS, 2014 - Programme de Relance et d’Accélération de la Cadence de l’Agriculture au Sénégal

[2] AMIAG : Association Marocaine de l'Irrigation par Aspersion et Goutte à Goutte – amiag.ma